28 octobre 2009
Quelques mots sur l'intention de l'auteur
J’ouvre ce blog dans l’espoir d’y voir s’entrechoquer les avis les plus animés et surtout dans l’exercice de vulgariser et de clarifier certains faits archéologiques que nous voyons souvent tronqués, exagérés ou caricaturés au cinéma, dans la bande dessinée et dans les jeux vidéos.
Les articles publiés par plusieurs auteurs n’auront pas
pour but d’imposer une vision absolue aux œuvres en les montrant grossièrement
du doigt. Dire que l’homme n’a jamais vécu au temps des dinosaures ne rend pas
moins appréciable les aventures de Rahan. Comme souvent on aime à décortiquer pour mieux réduire, ici nous tâcherons
simplement de restituer au mieux un regard archéologique sur des œuvres qui n’ont
pas su le transmettre pour des raisons très diverses. Ce blog qui n’a pas de
limites bien définies pour le moment s’adresse à tous et sa démarche est bien
sûr sans prétention aucune, d'ailleurs les articles ne seront parfois que des petites notes que les auteurs auront voulu poster. On ne peut pas pour le moment offrir une ligne directive, ni même vulgariser complètement, ce sera avant tout l'occasion de rassembler un grand nombre d'idées qui pourront plus tard s'organiser et s'articuler correctement.
Bonne lecture.
Ozma
Chrono Trigger et la préhistoire - I
S’il existe un fait étrange dans
Chrono Trigger dont l’univers s’éloigne clairement de la réalité c’est le
calendrier grégorien qu’il propose (En version française en tout cas). En effet
si bon nombre d’éléments diffèrent de ceux existants réellement, comme la mode
vestimentaire, les armes, l’architecture, les monstres, et qui lui confèrent
tout son charme, pourquoi pas le calendrier ? Non, visiblement Jésus Christ est la référence pour se repérer dans le temps. On peut ainsi lire des dates comme « 1000 ap JC » ou
« 600 av JC », etc.
Pour résumer simplement on incarne un personnage qui va vivre des tribulations hautes en couleurs et va pouvoir se transporter dans le temps via une machine, le super téléporteur. C’est donc en partie sur cette machine que reposent les déboires de nos héros.
Au cours de l’aventure, après être allé dans le futur pour ne citer qu’un exemple, nous allons faire un saut énorme, projeté à -65 millions d’années avant Jésus Christ, et on y rencontrera des hommes modernes. Je ne sais pas si la date choisie évoque l’extinction des dinosaures mais avouez que c’est tripant comme entrée en matière. A mon avis, sans « avant J-C » j’aurais eu du mal à entrevoir l’ampleur du saut ! Plaisanterie à part cette date correspond également à peu près aux premiers primates sur terre, et 15 millions d’années après on trouve les premiers singes. Inutile de rajouter donc que les premiers hommes modernes (homo sapiens) débarquent vers -200 000 ans environ. Mais la datation n’est pas le plus important ici, après tout c’est un moyen comme un autre dans le jeu de comprendre qu’avec la machine à voyager dans le temps on se retrouve vraiment très loin, ça justifie peut-être l’air arriéré des individus qui vivent durant cette période lointaine…
Le village
Peut-être la seule bonne idée qui
s’ignore, on montre les hommes vivant dans des huttes et non pas dans des
grottes ! (On sait que les hommes de la préhistoire ont vécu dans des abris
sous roche, mais pas au fond des grottes mêmes.) On voit encore ici
et là quelques postes de surveillance (inconcevable pour la préhistoire) en rapport
avec les meutes de reptiles qui les assaillent parfois, bref rien d’alarmant
pour le moment, ça reste assez cohérent pour la trame du scénario.
Et en effet on participe plus tard à des danses, un rituel, une fête ? Il y a des totems éparpillés un peu partout. Et tous crient à l’unisson : « Unngaa ! ». Sans efforts on remplace par Bouga Bouga…
Chrono Trigger et la préhistoire – II
Précédemment j’évoquais succinctement certains éléments du jeu et maintenant nous allons voir en quoi ils sont discutables dans leur approche.
Hélas la recherche en préhistoire ne nous permettra jamais de connaître le langage d’individus qui n’ont pas laissés de traces écrites et qui de surcroit n’existent plus ou n’ont pas transmis la langue aux générations d’après.
Ozma
29 octobre 2009
C'est un avion ? C'est un oiseau ? Non...c'est...Prehistoric-man !!!
Ahhh...les années 90...les bananes fluos, NTM, les baskets lumineuses, la chute du mur de Berlin et Olive et Tom au club Dorothé. C'était un age durant lequel la dérision et le "bling-bling" étaient de mise.
C'est aussi la période durant laquelle l'industrie video-ludique pris toute son ampleur. La game boy arrive sur le territoire francais en 1990 (elle est crée courant 1989 au japon), puis c'est l'escalade: de la game boy on passe à la nes premiére du nom, puis à la super nes, la n64 en 1997(toujours en france), puis on atteint le nouveau millenaire avec la sortie de la game cube (pour ne parler que des productions de nintendo). C'était la période de la "guerre video-ludique" (encore appellée la "guerre des consoles"),niveau jeux, les différents fabriquants essayaient de battre leurs concurrents en sortant de tout et n importe quoi.
C'est ce qui nous valu d'ailleur d'excellentes productions qui marquent encore notre temps, la série Sonic, les Mario pour ne citer que les plus connus, Legend of mana, Landstalker et j'en passe (oui, je suis un pur produit de l'industrie des jeux videos!). C'était l'époque des jeux de plate-forme en 2D (sonic et mario deja cités, mais aussi kirby, ristar, ghost and ghouls, metal slug,...), ce style qui a l'air plutôt délaissé dernièrement. Les unives crées dans ces jeux videos n'ayant que l'imaginaire des programmeurs comme limites, il était à prévoir qu'en même temps que le répertoire du présent et de la fiction futuriste, ces programmeurs se tournent vers notre passé.
Beaucoup de périodes historiques (et au delas, comme nous allons le voir) ont donc été explorées par le phénomène du jeux video et je voudrais m'arrêter, pour le moment, sur la représentation de la préhistoire dans l'industrie video-ludique. Pour cela, je débuterais mon commentaire sur un jeu qui fait directement penser à cette époque car le nom n'est autre que :"Prehistoric-man", un jeu sortis en 1995 sur super Nes (je justifie donc ici ma longue introduction)qui, dés l'ecrant titre, me semble etre une véritable mine d'idées reçues sur la préhistoire. J'alimenterais aussi mes exposés de différents exemples pris de sources de nature variables (d'autres jeux videos, des livres, des bandes dessinées/des films... afin de rester en harmonie avec l'esprit d'origine de ce blog dont le modeste but, selon moi, est de dénicher et contrer les idées reçues sur differentes civilisations/cultures/périodes de notre histoire et de notre préhistoire qui ont été véhiculés, par ces différents médias, dans la pensée commune).
En 1995, la technologie de la super nes est parfaitement maitrisée, donc le jeu est graphiquement beau, l'animation est plutôt réussie (j'avoue avoir un faible pour les graphismes et l'animation 2D) et le systeme de jeu est intéressant et ludique, pour un jeu de plate-forme, prehistoric-man est plutôt une réussite.
Maintenant, je voudrais voir comment la préhistoire fut elle traité dans ce jeu destiné à un public jeune; quels sont les idées vehiculées par ce media et, tout en gardant à l'esprit que ce jeu fut crée à une certaine époque (les années 1990) et ce, dans l'optique d'un loisir (ce qui est réussis), quels sont les erreurs qui s'y sont glissées. Nous essaierons par la même occasion, au vus et à l'aide des données archéologiques disponibles aujourd'hui et de mes (très) maigres connaissances, de rétablir un semblant de vérité sur divers points.
Guiton
30 octobre 2009
RRRrrrr ! L'invention et l'innovation
Je laisserai le soin à quelqu'un d'autre de parler du film plus amplement, mais à cette heure de la nuit il me fallait absolument écrire un petit message sur une réplique d'Alain Chabat. En préhistoire ou en ethnologie il est une notion importante qui regroupe les termes d'invention et d'innovation. Le premier c'est créer un objet (pour faire simple), le second est l'acceptation et l'utilisation de cet objet par une communauté, il y a diffusion en quelque sorte. En somme il existe des inventions qui ne resteront que des inventions ne trouvant pas d'utilité au sein d'un groupe. D'autres inventions se diffuseront, on appelle cela l'innovation. Dans le film Alain Chabat en parle très succinctement. Il s'adresse au groupe dans une langue incompréhensible, le chef lui demande d'expliquer son charabia, il rétorque qu'il a créé une nouvelle langue, l'autre lui répond que c'était mieux avant, et enfin Alain de répondre "Si on peut plus innover...". Finalement je me demande si le film ne regorge pas d'autres petites notions, comme ça...
L'intention y est mais je vous recommande tout de même le très intéressant livre de Sophie A. de Beaune, L'homme et l'outil: l'invention technique durant la préhistoire. 160 pages faciles à lire sur cette notion d'invention et d'innovation, plus approfondi.
Ozma
Des fouilles archéologiques dans Final Fantasy VII
Septième opus sorti en 1997 d'une série de jeux de rôle, les sept n'ayant aucun rapport entre eux sinon leur titre. Aujourd'hui la série dénombre 13, 14 jeux ? Sans compter les dérivés, etc. Toujours est-il que celui dont on parle maintenant a marqué toute une génération de gamers, c'est un incontournable du genre. Je vous passe son scénario, je vous passe son univers, je vous passe ses personnages charismatiques, je vous passe son système de combat, je vous passe les plus de quarante heures de jeu pour ne m'attarder que sur quelques minutes qui ont un lien avec les méthodes de fouilles archéologiques.
Ne vous attendez pas à une critique cinglante ou une démonstration de l'horrible tendance des aventuriers à saccager les lieux qu'ils fouillent. Lara Croft, dans Tomb Raider (un bon jeu cela dit), par exemple rentre sans scrupules dans des temples, sans prendre de notes, et vas-y que j'te déplace des artefacts, que je sors rapidement en laissant tout en vrac...D'ailleurs une petite parodie est faite dans un autre jeu, Discworld Noir, avec la caricature de Lara qui devient Laredo Cronk disant à peu près "Je visite des temples où personne n'est jamais entré, sauf celui qui dépose les trousses de soins et les munitions."
Non pas de critique de ce genre puisque dans cette partie du jeu (Final Fantasy VII) on nous montre un village d'ossements avec des fouilleurs et c'est leur job visiblement. Deux répliques nous informent de leurs méthodes qui ne sont pas sans rappeler celles que l'on trouve sur le terrain avec quelques différences techniques.
Ici le fouilleur dit qu'ils utilisent un nouveau système pour
trouver des trésors enterrés en simulant un séisme en utilisant des bombes et
en vérifiant ensuite les ondes acoustiques données au retour des tremblements. Le terme séisme fait légèrement peur, bombes et tremblements aussi, heureusement on comprend que ce ne sont pas des bombes à fragmentation mais une simulation qui permet d'envoyer des ondes dans le sol et de les récupérer, un émetteur, un récepteur.
Là un autre fouilleur nous dit que l'excavation est un processus lent et que les trésors sont conservés dans des boîtes. Dans le jeu les personnages fouillent la nuit sans lumière quand votre héros dort, c'est une très mauvaise idée si on veut fouiller correctement sans faire de dégâts.
Ces deux exemples ressemblent à une réalité archéologique. A toute fouille précède une prospection, celle-ci peut être pédestre ou aérienne en milieu terrestre. Car avant de fouiller il faut savoir où fouiller. Pour reprendre les exemples montrés dans le jeu, il existe en prospection des méthodes géophysiques qui utilisent les propriétés du champ électrique, magnétique ou de la pesanteur. Ce sont des méthodes non destructives contrairement aux méthodes employés dans le jeu qui laissent entendre une simulation d'une onde de choc, même minime ce n'est pas très rassurant mais l'idée reste bien d'envoyer par un émetteur un signal que l'on récupère par un récepteur.
En prospection électrique par exemple, le principe est d'envoyer un courant de faible intensité dans le sol et avec l'aide d'un appareil connaitre la résistivité du sol. Quand le sol est sec et rocheux il y a une forte résistivité, quand le sol est humide ou salé une faible résistivité, et quand on a affaire à de la roche sédimentaire la résistivité est moyenne. Si vous avez un mur enfoui dans le sol, il y aura une résistivité qui sera visible ensuite sur la cartographie, on verra les délimitations du mur en rouge tandis que le reste sera en bleu, avec des nuances bien sûr.
Pour parler de la deuxième réplique du jeu, on peut dire qu'elle est tout à fait réaliste. La fouille est un long processus qui demande beaucoup de prudence. Si on fouille, on fouille pour trouver quelque chose, mais quelque chose de bien spécifique, ici en l'occurrence on cherche des trésors, qu'on nommera plus volontiers des vestiges, et pour accéder à ces vestiges on est parfois obligé de détruire une partie du site. Pour trouver une unité d'habitation préhistorique il faut creuser et par conséquent détruire tout ce qui se trouve au dessus (creuser c'est enlever la terre, c'est détruire des indices d'un sol, etc). C'est pour cela qu'on emploi durant la fouille l'enregistrement. Puisque vous ne pourrez pas fouiller deux fois un même sol il faut en garder une vue précise comme vous l'avez trouvé. Pour chaque vestige on note l'emplacement, l'altitude, les caractéristiques, etc, dans les grandes lignes ça fonctionne de cette manière. Si vous avez envie d'enregistrer la terre que vous venez d'enlever, c'est possible, si vous pensez qu'elle permettra de reconstituer un environnement par exemple. Il faut parfois faire des choix ergonomiques en fonction de vos objectifs.
Pour résumer quelques notions en archéologie:
- La prospection qui précède la fouille. Elle est non destructive. Elle permet de repérer des vestiges enfouis.
- La fouille est un acte de destruction, dans le sens où vous creusez et enlevez nécéssairement des indices que vous décidez de ne pas garder ou d'enregistrer.
- L'enregistrement est très important. Sans cela tout votre dur labeur pour fouiller avec minutie aura été vain.
Ozma
31 octobre 2009
Prehistoric-Man et les dinosaures
Donc, qu'est ce qui choque dans cette écrant titre?

Regardons plus en détail cette image. Le "o" de "prehistoric man", qu'est-ce? Hé oui, une image prise quelques secondes plus tard, toujours sur cette écrant titre permet alors de se rendre compte que, et c'était attendu, cet oeuf est en fait un oeuf de dinosaure...
Car oui, pour les créateurs de ce jeu, les dinosaures étaient contemporains aux humains!!!
Et, le plus surprenant dans cette erreur est que, bien que les dinosaures soient separés de prés de 58 millions d'années des premiers humains, elle est relativement generalisée chez les differents créateurs s'attaquant à ce domaine qu'est la préhistoire.
Faisons un petit historique d'exemples (ceux que j'ai pu retrouver tout du mois) qui font ce méme rapprochement anachronique entre dinosaure et hommes:

-Dés 1915, dans l'un des premiers courts metrages realisé à l'aide de marionettes, Willis O'Brien lance cette tendance. Pour resumer brievement ce petit film d'à peine 3 minutes dont le titre est:"the dinosaur end the missing link",disons que deux hommes font la cour à la méme femme et que l'un des deux, pour battre son adversaire, fait croire que c'est lui qui a tué le "chainon manquant" qui terrorisait la région alors qu'en fait, il fut occit par un dinosaure qui passait par la... Nous avons donc affaire ici à un énorme probléme de chronologie: selon O'Brien, les dinosaures auraient cotoyés les hommes (qui, si on se base sur leur équipement: arcs, poterie,... ,sont du néolithique et, tout du moins, des homo sapiens) mais ils auraient aussi cotoyé cette "chimaire de chainon manquant"... Mais ne soyons pas trop dur avec l'artiste qui se cache derriére le film, son oeuvre est graphiquement magnifique compte tenu de l'époque et pour ce qui est de notre probléme, souvenons nous que nous sommes ici en 1915...
-La seconde oeuvre (à ma connaissance) présentant des dinosaures et des humains en méme temps est the lost world d'Arthur Conan Doyle. Dans ce roman, adapté au cinema en 1925, une expedition scientifique découvre une ile sur laquelle des dinosaures ont survecus au cataclysme qui aurait du mettre un terme à leur régne il y a 65 millions d'années. Le film présente l'une des scenes de cinema culte: la bataille entre ce qui semble etre un T-rex et ce qui semble etre un tryceratops, alors que les membres de l'équipe de scientifiques fuient le combat de titans. A noter qu'il faut croire que ce film fut si bon qu'il fut repris à 2 reprises, puis qu'il donna ensuite naissance, en 1990, au roman de Michael Chrichton: Jurassic Park puis à la trilogie des Jurassic Park de Steven Spielberg. Mais rapellons que nous sortons ici un peu de notre sujet car il ne s'agit pas dans ces oeuvres d'hommes préhistoriques cohabitant avec des dinosaures, mais de dinosaures qui auraient survecu au cataclisme d'il y a 65millions d'années ou qui auraient ete "re-crées" par clonage. Nous pouvons dailleur ajouter d'autres productions dont le trés fameux roman que Jules Verne écrit en 1864:
Voyage au centre de la Terre, dont nous serons ammenés à reparler plus tard et dans lequel les principaux protagonistes rencontrent des dinosaures dans leur exploration. A noter aussi que ce roman fut adapté plus d'une fois en films, et que l'affiche du dernier(celui de 2008) fait tout de suite voir que ce theme de la cohabitation entre dinosaures et humains est au centre de la production. D'autres productions sur ce méme thème: Denver le dernier des dinosaures, cadillacs and dinosaures(...) et bien d'autres... En restant dans le domaine du cinema, n'oublions pas de mentionner le film d'animation belge, le chainon manquant(1980), dont nous parlerons surement plus en détail plus tard et dont l'affiche ne laisse que peu de doutes sur la cohabitation humains/dino ou encore la partie de la folle histoire du monde de Mel Brooks qui traite de la prehistoire.

-Faisons maintenant un saut dans le temps et arretons nous en 1960 pour observer trés rapidement l'oeuvre de William Hanna et de Joseph Barbera, un dessin animé trés connus: les "flintstones" (ou "les pierrafeu" en français). Cette serie, qui passa entre 1960 et 1966 (ce qui represente 6 saisons et 166 episodes d'environs 30 minutes chacuns), nous propose d'assister à la vie d'une famille préhistorique: les flintstones, et de leur ville: Bedrock. Cette serie se veut entiérement humoristique et fait donc appel à nombres d'anachronismes (les habitants de Bedrock utilisant les mémes outils et machines que nous mais en les "préhistorisant": des voitures de bois aux roues en pierre, des mamouths en tant qu'aspirateurs ou douches...). C'est donc sans surprise qu'on peut appercevoir des dinosaures se faire utiliser comme grues/machine à laver/... On peut aussi parler de l'animal de compagnie des flintstones, qui n'est autre qu'un autre dinosaure...
-Attaquons nous maintenant à une autre oeuvre, et à un autre support, qui n'est autre que Rahan, une bande dessinée qui fit son apparition dans le Pif Gadget en 1969 sous la plume de Roger Lécureux. Le hero éponyme de cette BD est un jeune humain, "ceux qui marchent debout" comme le lui enseigne son pére adoptif: Crao. Rahan, à la mort de son mentor, devras se debrouiller seul dans la nature hostile des "ages farouches". Malgrés des aventures passionnantes et un "coup de crayon" magnifique, force est de constater que l'auteur pris quelques libertés avec la chronologie: Rahan rencontre plus d'une fois divers dinosaures (t-rex, pterodactyl,...). Ils existe bien entendu de trés nombreux exemples de cette cohabitation dino/humains dans le monde de la bande dessinée. (dans un style complétement different, notons par exemple que les personnages de dragon ball z rencontrent plus d'une fois des dinosaures).
-Passons maintenant au support principal de ce blog: les jeux videos. Ils sont trés nombreux à nous proposer d'évoluer dans un monde doté de cette anachronisme, je réduirais donc ma liste d'exemples à quelques jeux qui ont marqués mon enfance ainsi qu'à quelques productions plus récentes qui m'ont interpelés. En plus de Préhistoric-Man, et de Chrono trigger (voir l'article qui y est consacré), d'autre jeux proposent cette association. Prenons par exemple un jeu de 1996: secret of evermore. Dans ce jeu de style RPG (Role Playing Game), nous avons la possibilité d'incarner un jeune désoeuvré qui, faute d'avoir mieux à faire, passe ses journées au cinema en compagnie de son chien (dailleur, je vous met au défis de trouver une salle de ciné qui vous accepte avec votre chien... mais passons^^). Un jour, en sortant du cinema aprés avoir vu la superproduction "schprountz le retour", le compagnon du jeune hero est attiré dans une maison abandonnée. Le hero, voulant retrouver son ami quadrupéde, penetre dans cette maison qui se trouve etre celle d'un savant un peu fou, disparu quelques 40 années plus tot. Il y decouvre une machine qui envois les gens vivrent dans leurs réves et se retrouve dans celui du savant disparu. Son majordome, pour se debarasser de cet intru, envois le hero valdinguer dans le monde crée par la machine. On se rend compte bien vite qu'en fait de mondes, ce sont plutot des périodes qui sont representées dans ce jeu et donc il y a une periode médievale, une autre antique et, bien sur, une période préhistorique. Toutes ces périodes correspondent à un continent sur la carte du monde et, bien sur, le hero est envoyé dans celui de la préhistoire en premier. Cela nous donne donc une veritable mine d'exemples pour voir comment sont traités ces périodes par le monde du jeu video. Pour le probléme qui nous occupe ici, voici une image résumant bien ce probléme de chronologie:le premier "boss" du jeu consiste en effet en un groupe de quatres "raptors". Mais ne blamons pas ce jeu qui, sur le plan technique et sur celui du gameplay, est excelent. Comme je l'ai expliqué plus haut, la machine envois les gens vivre dans leurs réves, crées dans ce cas par les romans, les films, etc. Nous pouvons donc utiliser ce jeu comme une critique des differentes idées vehiculées par diverses productions "tout public".
-d'autres petits exemples, par exemple le jeu de combat, toujours sur super nes, primal rage, nous propose d'incarner des dinosaures dans des combats contre d'autres dinosaures. Mais la ou il y a un probléme, c'est qu'on peut voir des humains dans l'arriére plan... donc cohabitation? Ou resurgence de ces colosses? De méme dans, par exemple, le premier Tomb Raider, dans lequel un niveau consiste à tuer divers dinosaures ou encore dino crysis, turok, et la liste de jeux proposant cela peut étre longue...
Aprés cette trés longue énumeration d'exemples, voyons rapidement ce qu'en pense le monde scientifique.Les dinosaures sont apparus dans le première moitié du Trias (d'environ -251 millions d'années à environs -199,6 millions d'années), ils auraient regnés sur la terre pendant plus de 160 millions d'années et une catastrophe naturelle aurait mis fin à leur age à la fin du cretacé, vers -65 millions d'années. En ce qui concerne les humains, ou, tout du moins, les hominidés, le plus ancien vestige que nous possedons d'entre eux (sahelanthropus tchadensis) remonte aux environs de -7millions d'années. Et, à titre de repére, Homo Sapiens ne fait son apparition que vers -120 000 ans...
Maintenant, savoir pourquoi beaucoups de productions traitant de la préhistoire associent les hommes aux dinosaures, je ne le sais pas, peut etre faut il chercher du coté de la date de découverte des premiers ossements de dinosaures. Si ces vestiges sont connus de tout temps (avec l'idée qu'ils appartenaient à des sortes de dragons), ce n'est qu'au courant du XIXeme siécle que les premiéres publications sur ces géant furent disponibles. Je pense que savoir à quand remonte ces premiéers découvertes suffit à comprendre pourquoi tant de médias associent les humains aux dinosaures. Maintenant, savoir pourquoi, à la vue des progrets scientifiques et archeologiques, de tels faits peuvent subsiters, je pense qu'il faut prendre en compte le caractere du "précedent", qui conditionne les créateurs à faire des reprises, mais il faut aussi observer le type du support et surtout son style: Prehistoric-Man est un jeu qui ne se prend pas au serieux et qui peut donc se permettre de faire correspondre l'age des dinosaures avec celui des humains, il faut juste étre conscient de où commence la fiction et où est la vérité.
Guiton
03 novembre 2009
Prehistoric-Man entre dans la place!!!
Je vais maintenant parler de la séquence d'introduction de Prehistoric-man.
Pour faire court, l'histoire du jeu -bien que dans les jeux de plate forme, les trames scenaristiques ne soient jamais particuliérement travaillées- met en scene un homme prehistorique nommé Sam. Aprés une bonne nuit de sommeil (on s'imagine ici les traveaux trés durs de ce hero: soulever des rochers, s'entrainer à la massue ou crier tel un tarzan...), ce dernier veut aller casser la croute, arrivant devant la reserve de nourriture du village préhistorique dans lequel il vit (...), il se rend compte qu'elle fut pillée à la faveur de l'obscurité. Notre hero en pagne s'en va donc pour la grotte du chef (re...).
Une fois arrivé, le boss de Sam l'informe que ce vol fut commis par un groupe de dinosaures affamés (encore une fois, le probléme de la cohabitation homme/dinosaure développé precedement, mais n'en tenons pas rigueur ici). Le chef du village compte donc sur Sam et sa force légendaire pour aller chercher des os au cimetiére des dinosaures, loin au nord aprés la calotte glaciaire, afin de pouvoir acheter de la nourriture pour que la communauté puisse tenir l'hiver. Aprés avoir définit la mission qu'il devra accomplir, le chef annonce à Sam qu'il l'accompagnera, lui et quelques autres habitants du village, dans sa quéte d'os, et en profite pour lui présenter ces coequipiers: Le premier d'entre eux n'est autre que le forgeron, vient ensuite le chasseur, puis l'inventeur et enfin, la fille du chef elle méme. Le chef annonce ensuite à Sam qu'il le nommera à sa place et qu'il lui donnera la main de sa fille si il réussit la mission.
Voici donc présenté rapidement -bien qu'il n'y ai pas vraiment besoin de s'apesantir plus longtemps- les grandes lignes scenaristiques du jeu.
Maintenant voyons en quoi cette introduction n'est, archeologiquement parlant, que peu satisfaisante.
Les problémes soulevés ici sont, dans l'ordre:
-Le probléme de la cohabitation homme/dinosaure dés la premiére image du jeu (se reporter à l'article précédent pour plus de details sur ce sujet).
-la vision de l'homme préhistorique.
-Le fait que le village préhistorique soit doté d'une reserve de nourriture .
-Un peu sur le méme plan, le fait qu'un tel village préhistorique existe (nous parlerons ici du théme de la grotte).
-L'existence d'un chef (permettant d'aborder le théme de la differentiation sociale).
-L'histoire de la callote glaciaire qui nous permet d'étudier le climat au paléolithique.
-L'existence d'un systeme d'échange et d'un systeme monétaire (qui a ici l'air d'étre basé sur les os).
-Mentionner l'hiver peut nous ammener à reflechir sur le mode de vie des hommes durant le paléolithique.
-Le probléme concernant le forgeron, ammenant à reflechir sur l'apparition du metal et du travail de ce materiau.
-Le chasseur permet d'aborder les techniques de chasse au paléolithique.
-L'inventeur pourrait nous permettre d'étudier quelques innovations techniques qui ont eu lieu pendant cette période.
-Enfin, la fille du chef sera un pretexte parfait pour aborder le theme de la femme préhistorique et de la maniére dont elle a ete -et peut encore etre- perçue dans notre societé.
Nous voyons donc que cette introduction regorge de thémes à étudier dans notre étude de la préhistoire au travers des medias.
Je commencerais donc (prochainement) avec le premier théme aprés la cohabitation homme/dinosaure: "La vision de l'homme préhistorique" ou encore:"La capacité de l'homme moderne à faire passer pour completement abrutis quelques chose dont il ignore presque tout".
Guiton
05 novembre 2009
RRRrrrr!!! Une approche de l’archéologie
RRRrrrr!!! Drôle de titre pour un film… Pourquoi donc un tel
titre ? Le film en lui-même n’apportera aucun élément de réponse, j’ai
personnellement ma théorie qui m’encourage à dire que le réalisateur a songé qu’il
s’agissait d’un bruit qui pourrait faire penser aux primitifs hommes
préhistoriques et à la supposée sauvagerie de cette époque au yeux du grand
public.
J’aurais également pu penser au grognement d’une bête sauvage, comme lors de la présentation du titre… mais l’unique apparition d’une créature dangereuse (j’omets volontairement le ver de terre géant) à lieu dans les dernières secondes du film… et quelle créature ! Un dinosaure !
Alors que l’action est datée, à
-35000... Les dinosaures étant, rappelons le, éteints 58 millions d’années
auparavant ! Aussi choquant que cela puisse paraitre il s’agit pourtant d’un
anachronisme des plus fréquents (pour de plus amples détails je vous renvoie à
l’article de Guiton : Prehistoric-Man et les dinosaures).
Cette date de -35000 est-elle en BC (Before Christ) ou en BP (Before
Present) ? Aucune précision, mais à 2000 ans près est-ce vraiment important ? Nous
partirons ici, et dans les futurs articles sur ce film, du principe que peu
importe cette distinction aux vues de la durée de cette période (représentant
plus de 99% de histoire de l’humanité) et de la datation somme toute relative
en préhistoire, celle-ci n’étant toujours qu’une estimation à quelques milliers
d’années près.
Mais aucun élément de réponse concret, d’autant plus que les hommes
préhistoriques parleront de façon normale tout au long du film, excepté à deux
moments, sur lesquels nous reviendrons plus tard, et oui, encore une fois un
moment bien agréable que de ne pas entendre : « moi homme fort,
moi chasser ouga ouga ».
Bref, je m’attarde sur le titre de ce film et n’entre pas encore dans le vif
du sujet, mais je souhaitais tout de même introduire mon sujet en parlant de la
première chose que l’on aborde d’un film, son titre. Mon but ici ne sera pas de
donner un avis sur ce film et de dire si je le conseil ou non, je laisse ce
soin aux critiques de cinéma et me contenterais de pointer du doigt les
exactitudes ou inexactitudes de cette œuvre cinématographique.
Dans cette première partie, je n’aborderais pas particulièrement les hommes préhistoriques et souhaite parler d’une chose évoquée à quelques occasions dans le film, la fouille archéologique. En effet aussi curieux que cela puisse paraitre le thème apparait, grâce à un personnage nommé le fouilleur (vous l’aurez compris, l’archéologue).
Il me semble important d’aborder les quelques scènes attribuées à ce
personnage car sans archéologie la préhistoire serait totalement inconnue, il s’agit
de la seule source concernant cette époque, pas de textes, uniquement des
artefacts (les réalisations de l’homme) à extraire du sol pour comprendre le
mode de vie de nos ancêtres. Sans cet apport de l’archéologie, ce serait l’émergence
du créationnisme et dans la pensée commune l’apparition d’hommes modernes dès
les origines et une évolution inexistante. Je vais encore une fois me lancer
dans une interprétation personnelle mais je pense que ce personnage n’a pas été
inséré dans le scenario par hasard, que le souhait d’Alain Chabbat était de
rappeler les liens étroits entre les archéologues et la connaissance du passé,
principalement en ce qui concerne cette période. Opinion confortée lorsqu’un de
ses compagnons, le regardant, lui dit qu’ils sont les premiers hommes et qu‘il
ne trouvera rien, le fouilleur est donc bien l’archéologue à la recherche d’ancêtres…
rappel quant à l’existence d’autres hommes avant l’homme moderne ici représenté
(pour n’en citer que les plus connus, l’homo erectus et l’homo habilis) ? Certainement,
un personnage disant « avant on marchait sur quatre pattes,
maintenant on marche sur deux pattes, si ça se trouve bientôt on marchera sur 0
pattes », référence évidente aux premiers hominidés.
Vous l’aurez compris je trouve que cette intention est louable, car rappeler
que le travail de l’archéologue est essentiel ne peut jamais faire de mal. Mais
qu’en est-il sur le plan historique ? Alors, non, désolé de briser une idée qui
aurait pu germer dans l’esprit des personnes ayant vues le film, mais l’archéologue
et la fouille pratiquée ici n’ont certainement pas existé à l’époque des hommes
préhistoriques ! Je vais donc faire un rapide historique de l’histoire de l’archéologie
et des méthodes de fouilles, rapide car je ne doute pas qu’un autre media sera
un support plus adapté à ce genre d’explications.
Des prémices à l’archéologie apparaissent dans des temps très reculés, des
textes très anciens en faisant parfois mention. Dans ces temps il s’agit
cependant d’une vision encore très lointaine de l’archéologie moderne, soi les
trouvailles seront de nouveau enterrées religieusement (par exemple en Chine,
en 430 AD, lors de la découvertes d’une tombe par le baron Zhu Lin) soi elles
servent d’appuie pour maintenir le gouvernement ou une religion qu’il promeut. Pour
exemple nous pourrions parler de la découverte de la statue d’un ancien dieu
babylonien, Shamash, par le roi de cette même cité au 9ème siècle
BC, Nabou-apal-iddina, le souverain voulant rétablir le culte de cette
divinité. Dans la même idée, afin de renforcer la chrétienté naissante de
l’empire romain, Constantin qui voudra retrouver les tombes des 12 apôtres. Nous
le voyons au travers ces quelques exemples, l’archéologie existe déjà en un
sens, bien que loin de ses conventions actuelles, mais est souvent dû à des
erreurs lors de constructions (comme notre tombe chinoise, qui après avoir été
étudiée par des érudits sera de nouveau enfoui… les plus aventureux pourraient
y voir des prémices de l’archéologie de sauvetage) ou a un désir de manipuler
la population. Ce dernier rôle l’archéologie en sera l’actrice pendant très
longtemps, le point culminant étant sans doute au 19ème siècle, à
l’apparition de la notion de nationalisme, lors de courses entre les nations
pour prouver leurs supériorité sur les autres. Le règne de Napoléon III est
bien illustratif de ce genre de manipulation autour de concept d’identité
nationale, en effet certains historiens et hommes politiques, comme François
Guizot, avaient lancé l’idée que le présent était inscrit dans une continuité
historique et l’empereur fera par exemple rechercher Alesia (les Gaulois étant
devenu un symbole de l’unité nationale), alors qu’il sera lui-même en posture
délicate, un haut symbole de la résistance de ces soi disant ancêtres.
Cependant l’archéologie va relativement disparaitre suite à l’essors du
christianisme qui considérera les vestiges anciens, païens, comme maléfiques. Entre
le 15ème et le 16ème siècles une prise de conscience sera
faîte, après une redécouverte de la culture gréco-romaine, les princes vont
rivaliser dans la recherche de bâtiments anciens dans le but d’en construire de
nouveaux en utilisant les matériaux du passé (tel les colonnes des temples). À
ces occasions des objets sont découverts dans le sol et des savants vont tenter
de les mettre en relation avec les textes anciens, l’archéologie sera en train
de renaitre.
À la renaissance le terme d’archéologue ne sera cependant pas encore usité au profit de celui d’antiquaires, qui désignera les hommes détenteurs d’un savoir sur la vie des anciens. Cependant, contrairement aux archéologues que l’on peu donc voir comme leurs descendants, ils ne s’intéresseront qu’aux objets beaux et rares ou aux curiosités (pouvant par exemple comprendre des animaux contemporains à deux têtes ou cinq pattes), conservés généralement dans ce que l’on nomme un cabinet des curiosités. L’archéologie n’existe donc pas encore en temps que tel, elle est relégué au rang des curiosités et a pour unique but le prestige.
C’est véritablement au 18ème siècle que l’archéologie semble
prendre son essor, dans les pays scandinaves dans un premier temps. Ces
derniers ne vont plus seulement appréhender la recherche des vestiges du passé
comme une chasse au trésor, les artefacts et leur place dans le sol vont
apparaitre comme des traces du passé pouvant être interprétées. Les fouilles
auront cependant parfois lieu de façon violente, comme lors de l’utilisation de
dynamite par l’équipe de Schliemann à Troie par exemple.
La découverte de Pompéi et d’Herculanum où la chasse au trésor va provoquer
de nombreuses dégradations des sites, notamment avec des fresques arrachées, va
causer un changement des mentalités et permettre l’apparition de méthodes de
terrain et d’un protocole d’étude vraiment scientifiques. C’est donc au 18ème
siècle que nait véritablement l’archéologie, un métier par conséquent
extrêmement récent et certainement loin des préoccupations des hommes
préhistoriques, pour lesquels le mode de vie était bien différent du notre, et
où les chasses au trésor n’avaient pas leur place. Rappelons enfin le rôle de
Darwin dans le domaine de la préhistoire, en effet avant sa théorie de l’évolution
les recherches archéologiques ne concernaient que les périodes historiques, la
recherche préhistorique nait donc véritablement au 19ème siècle.
Une apparition très précoce de l’archéologue dans ce film donc, mais qu’en
est-il de l’exactitude de la méthode de fouille ? Belle image qui nous est ici
donnée de la fouille archéologique, nous comprenons vite qu’il s’agit d’une
représentation de la fouille horizontale… mais fouiller ainsi sur un chantier
de nos jours vous assurera un allez simple dans une sépulture !
Lorsque l’archéologie était encore naissante certes les fouilles étaient
pratiquées d’une façon scandaleuse aux yeux des archéologues actuels, j’ai déjà
évoqué l’utilisation de méthodes radicales. Mais même si cette discipline est
dans tous les cas une destruction elle a l’ambition de conserver des traces de
la fouille afin de comprendre la position des artefacts et de pouvoir la
réétudier une fois le chantier terminé, d’où l’intérêt de la prise de
photographies (bien qu’il serait inquiétant que le fouilleur du film soit
équipé d’un appareil photo ^^), de relevés sur plans ou de dessins. Ici une
unique fouille où nous comprenons que le relevé sera oublié.
Nous devons en grande partie ce protocole à André Leroi-Gourhan (1911-1986),
archéologue sur le site archéologique de Pincevent en France, qui souhaitait
comprendre comment vivaient les hommes et non uniquement la succession des
époques, par exemple il sera désormais possible de comprendre comment les silex
étaient taillés ou l’interaction entre deux sites.
Mais ce n’est pas là que la scène est la plus perturbante. Cette fouille qui à mes yeux représente clairement une fouille dite horizontale n’est pas réalisé selon les normes de cette dernière. Le personnage semble ici creuser de façon incertaine dans un tas de terre, hors la fouille exige un certain de degré de précision et de décaper le sol à plat et proprement, bref de toujours pouvoir voir ce dernier et ce qui s’y dessine malgré les enlèvement de terre (je simplifie mais c’est à peu prêt le principe d’une fouille horizontale aussi nommée fouille ethnographique)… Si le processus de la fouille se passait ainsi , d’une part les artefacts que l’on pourrait en extraire seraient bien moins nombreux et ceux récupérés ne seraient qu’un unique gâchis car extraits d’un contexte essentiels à l’interprétation mais non préservé, et d’autre part des enfants (qui aiment généralement tant creuser) pourraient remplacer les archéologues sur les chantiers de fouille…
Gildwin Bolöx
10 novembre 2009
RRRrrrr!!! L’homo Chabbatis, l’apparence
Dans cet article nous nous demanderons qu’elle est l’exactitude de
l’apparence de l’homme préhistorique dans ce film ? Avant toute chose rappelons
que l’action a été datée à -35000, à cette période l’homo sapiens est avec
l’homo neandertalis l’unique représentant des homininés, et ce sont bien ici
des homo sapiens qui sont représentés, du moins physiquement (un autre article
m’invitera à remettre en cause ce postulat de départ) sur l’apparence physique
je ne parle pas des cheveux et de la barbe puisqu’à ma connaissance il n’y a
pas de certitude à ce sujet, bien que j’ai régulièrement vu des illustrations
montrant les homo sapiens cheveux courts (hors ici le seul ayant des cheveux
courts - enfin étant
chauve et ayant tout de même les cheveux longs à partir du bas du crane- est le
chef … mais nous reviendrons sur ce sujet plus tard) et que les rasoirs
auraient été inventés plus tard, au néolithique, mais des caractéristiques
crâniennes et autres mensurations.
Des vêtements en peau de bête sans le moindre doute, rappelons que les hommes
préhistoriques vivaient dans une société utilitaire et que généralement toutes
les parties d’un animal tué étaient utilisées (du moins la réutilisation de
toutes les parties du corps du renne est attestée -je prends ici pour exemple
le bassin parisien où il était grandement chassé mais il est certain que ce
n’est pas spécifique à cette région.). Malheureusement les hommes
préhistoriques n’avaient pas encore eu le temps d’inventer l’industrie du coton
et ils n’étant pas si sauvages que l’on voudrait nous le faire croire ils
avaient trouvé un moyen de s’habiller, la peau des animaux tués lors de la
chasse.
J’imagine l’aspect rustique que cela peut avoir pour certaines personnes de se
dire que l’homo sapiens s’habillait de peau de bête… désolé encore une fois de
la dire, mais peau de bête n’est pas synonyme de pagne (j’en veux pour preuve
les vêtements contemporains en cuir). Il s’agissait donc de vêtements on ne
peut plus normaux et j’oserais même dire travaillés puisque des aiguilles, et
donc de la couture pour les faire, sont attestés… ce qui ne serait pas
forcément utile dans la fabrication d’un pagne. Surement pas de pagne donc !!!
Abordons un autre cliché vestimentaire, cette fois à travers la parure,
pourtant attestée pour l’époque. En effet quoi de mieux que de porter le
dernier crane humain -réduit par on ne sait quel procédé- à la mode ? Pour être
plus tendance vous pourrez l’accompagner d’ossements divers et variés, de
préférence humains, effet garantit ! (surtout pour Halloween…). Voici encore
une belle représentation de notre ancêtre sauvage et arriéré… Mais soyons
sérieux cinq minutes, vous imaginez vous avec ce genre de parure ? Outre
l’aspect esthétique des plus particuliers imaginez la difficulté à porter ce
genre de bijoux, ne serais-ce déjà que d’un point de vue du poids…
Mais devant cette vision (vestimentaire) de l’homme préhistorique nous
pourrions nous demander si l’homo sapiens d’Alain Chabbat n’est-il pas en fait
un homme-bête ?
Gildwin Bolöx
15 novembre 2009
RRRrrrr!!! L’homo chabbatis, un homme-bête ?
Comme nous l’avons vu précédemment dans l’apparence
l’homme préhistorique peut ici faire penser à un sauvage, voir même à
une bête. Mais qu’en est-il de son comportement ? Je suis conscient
qu’il s’agit d’une comédie et que c’est surement dans le but de faire
rire (sic) que les hommes préhistoriques ont parfois des comportements
forts originaux, alors que le reste du temps ils se comportent
normalement… Mais ces personnages m’ont en effet, parfois, fait penser
à des hommes-bêtes. Ce qui est toujours rassurant pour nos
contemporains de voir qu’ils sont bien plus évolués (sic).
Parmi les choses que je voudrais ici relever figure
d’abord la sauvagerie des meurtres (somme toute relative puisqu’il n’y
a qu’un assassin), rappelons qu’un des éléments principaux de la trame
de l’histoire est l’assassinat d’hommes, qui sont par ailleurs
retrouvés le torse cousu (une théorie sera d’ailleurs émise comme quoi
les boyaux des victimes auraient été enlevés). Des meurtres à
l’apparence sauvage donc, mais après tout rien de bien gênant à cela
lorsque l’on compare avec certaines affaires criminelles
contemporaines… qui se révèlent parfois d’une sauvagerie bien
supérieure…
Le meurtre rapproche du comportement d’un animal
sauvage, surtout par l’extraction (supposée) des boyaux. Ce passage du
film nous permet de faire une petite précision sur l’histoire de la
violence et aussi curieux que cela puisse paraitre vu le statut de
primitifs renvoyés généralement des hommes préhistoriques la violence
est certainement apparue lors de la hiérarchisation de la société, soi
à la néolithisation. Nous ne disons pas ici qu’avant cette période
aucun homme préhistorique n’a été tué par un de ses contemporains (une
des théories de la disparition des hommes de Neandertal étant par
exemple une extermination par les homo sapiens) mais les crimes
arrivaient bien moins souvent que dans les sociétés futures. Une petite
référence y est d’ailleurs faite puisque le chef de la tribu est celui
qui donne le nom de « crime » à l’évènement, qui n’était donc encore
jamais arrivé, puisque sans détermination. Sur ce point un bilan mitigé
donc mais principalement positif, entre une représentation relativement
sauvage du meurtre, pouvant faire penser à un animal, et la mise en
avant du caractère exceptionnel du crime. Le crime un comportement animal chez un humain donc, rien a avoir avec
une sorte d’ « animalisation » de nos ancêtres. Si la vision
homme/animal s’arrêtait là ce serait parfait et je remercierais le
réalisateur d’avoir montré l’aspect exceptionnel de la chose…
malheureusement il n’en est rien. Car voyant les hommes préhistoriques
de ce film j’ai parfois l’impression de me retrouver devant des
personnes à graves soucis psychologiques…
Des personnages d’une débilité profonde même, pour
exemple lorsqu’ils s’amusent à se lancer rochers et pierres (notons au
passage la force surhumaine des protagonistes)… oh oui, que c’est
drôle… même les petits enfants sont parfois bien plus évolués…De même
dans la catégorie «je suis un homme préhistorique attardé» je
passerais outre sur le fait que tous les membres de la tribu des cheveux propres se
nomment Pierre, quelque soi leur sexe, me faisant personnellement
penser à une impossibilité de se distinguer, un peu comme le feraient
des animaux, et bien qu’il y ai peu de chances que les hommes
préhistoriques n’aient pas eu de noms distinctifs aucune preuve sur ce
point et il s’agit ici d’un comique de répétition (sic). Donc passons
encore ce passage. Le problème arrive lorsque la fille de la tribu des cheveux sales s’infiltre
dans leur camps et dit son nom (Guy)… les cheveux propres bien que
parlant correctement n’arrivent pas à le prononcer car il s’agit d’un
prénom différent de Pierre, je reste persuadé qu’hors contexte de
prénom ils parviendraient très bien à le prononcer. Peut-être vois-je
le mal là où il n’y en a pas, mais cette scène m’a fait penser à des
personnages ayant un léger problème mental…
Un crime ne renvoyant pas spécialement à la
bestialité de nos ancêtres donc, un comportement spécial (bien que
pouvant être interprété différemment sur certains points). Jusque là
guère trop de comparaisons avec un animal… mais nous allons maintenant
aborder le point le plus gênant de cette partie…tournons nous d’abord
vers la tribu des cheveux sales.
À la fin du film nous apprenons que le personnage surnommé «le blond» par sa tribu, les cheveux propres, est en fait le fils du chef des cheveux sales et
que ça mère n’est autre que…un chimpanzé ! Nous reviendrons dans un
autre article sur une possible explication mais disons le immédiatement
: l’union entre deux espèces différentes est totalement impossible ou
stérile. Et bien que l’homme et le chimpanzé soient tous deux de la
famille des hominidés, ils diffèrent par la suite dans leur
sous-famille, le chimpanzé est un paniné alors que l’homme
préhistorique est un homininé. Et les distinctions deviennent par la
suite encore plus complexes mais il faut retenir que l’homme moderne
(espèce homo sapiens) est désormais l’unique représentant du genre homo
et ne peut donc s’accoupler avec autre chose qu’un homo sapiens. Quant
aux hommes de Neandertal leur cas a été à plusieurs occasion remis en
question (et l’est encore), ils sont du genre homo quant-à leur espèce
la question se pose de savoir s’ils sont totalement à part, homo
neandertalis, ou liés à l’homme moderne, et donc capable de s’accoupler
avec lui, homo sapiens neandertalis.
Nous le voyons donc il est strictement impossible
que l’homme moderne ou l’homme de Neandertal ai eu une progéniture avec
un chimpanzé. Quant-à ce comprendre mutuellement, que dis-je ? Parler
ensemble même !Bien qu’étant tout deux des primates il y a peu de
chances que cela fut possible. Ici l’homme préhistorique apparait donc
comme étant un animal (ce qui en un sens n’est pas faux puisque tous
les mammifères sont des animaux et que l’homme est un primate, donc un
mammifère). Mais ce rapprochement de l’animal peut encore une fois
faire penser au supposé éloignement, si soulageant pour l’homme actuel,
entre lui et son ancêtre, l’homme préhistorique, ici l’homme-bête. Cette vision sera par ailleurs
complété par le comportement du chef de la tribu des cheveux propres…
qui se déplacera à un moment à l’aide de lianes, comme le ferait un
singe (ou Tarzan…)…
Gildwin Bolöx

























